Bernard Caïazzo s'est expliqué pour notre site sur la nomination d'Alain Perrin au poste d'entraîneur de Saint-Etienne. Le co-
président des Verts n'attend pas de miracle de la part de l'ancien coach de Lyon, seulement qu'il permette à l'ASSE de sortir de la zone rouge. Le dirigeant en profite pour annoncer qu'il va prendre du recul, au même titre que Roland Romeyer, dans un système de management à l'anglaise. Organisation qu'il n'était pas possible de mettre en place sous l'ère Roussey. Selon Caïazzo, le technicien «ne croyait plus beaucoup en son groupe». Ce qui explique en partie son départ.
«Bernard Caïazzo, pourquoi votre choix s'est-il porté sur Alain Perrin ?
Déjà, c'est un choix qui a fait l'unanimité. On avait déjà failli le prendre il y a quelques années, avant qu'il n'aille à Sochaux. C'est quelqu'un qui m'impressionne par sa façon d'aborder le métier. Il est expérimenté, rigoureux et intelligent. Je ne voyais pas qui mieux que lui pouvait succéder à Laurent Roussey. En plus, il a à peu
près le même style de caractère que Damien Comolli. C'est important pour nous de savoir que les deux personnes qui sont chargés du sportif sont dans la même logique de pensée.
Quels objectifs lui avez-vous fixé ?
De maintenir le club en Ligue 1 et ensuite de faire du mieux possible. Après, bien sûr, on peut toujours rêver. On est toujours engagé en Coupe d'Europe et il y a aussi la Coupe de France qu'il a remportée ces deux dernières saisons avec Sochaux et Lyon. Pour le clin d'oeil, j'aurais envie de dire jamais deux sans trois, mais bon, on n'en est pas là. La vérité aujourd'hui, c'est qu'on est relégable. Pour moi, la relégation est comme une bête qui vous regarde avec l'envie de vous manger. On n'a pas d'autres choix que de la tuer. C'est cet état d'esprit-là que j'attends de mes joueurs. Je crois qu'ils l'ont bien compris.
En terme d'organisation, que vont changer les arrivées d'Alain Perrin et de Damien Comolli ?
On va mettre en place un mode d'organisation à l'anglaise. A partir de mercredi, les deux actionnaires, Roland Romeyer et moi, allons prendre du recul. Nous allons être beaucoup plus discrets comme peuvent l'être Robert Louis-Dreyfus à Marseille ou Nicolas de Tavernost à Bordeaux. Ce sera le trio Vincent Tuong Cong, Damien Comolli et Alain Perrin qui aura la charge du bon fonctionnement du club. Le premier sera chargé de toute la partie gestion, tandis que les deux autres s'occuperont du sportif. Même si on sait très bien qu'il n'y aura pas de miracle et que notre retour au premier plan ne se fera pas d'un claquement de doigts, je crois vraiment que cette organisation structurée nous permettra de jouer les premiers rôles de manière durable.
Ce qui n'était plus possible avec Laurent Roussey ?
Déjà, j'aimerais dire que ce système à l'anglaise, je le souhaitais depuis le mois de février, mais que j'avais un entraîneur hermétique à l'idée d'avoir au-dessus de lui une direction sportive forte.
Ensuite, pour tout vous dire, j'ai vraiment eu l'impression que Laurent Roussey ne croyait plus beaucoup en ce groupe. Quand il me dit qu'il ne voit pas comment faire mieux avec ce groupe-là, alors que des joueurs comme Grax, Mirallas ou Monsoreau sont sur le banc, comment voulez-vous qu'on le laisse en poste ? Moi, je suis persuadé qu'on a une bonne équipe et qu'on va remonter la pente. Avec du travail, de la rigueur et une vision différente, je suis sûr que sur la durée, on va ressortir plus grand de cette épreuve.
Au vu de la prestation très médiocre livrée contre Rennes (0-3), dimanche, pensez-vous que certains joueurs aient pu le lâcher ?
Je ne sais pas. Peut-être effectivement qu'il y a eu une cassure entre le coach et certains de ses joueurs, mais je n'en suis pas sûr. Son erreur a sans doute été de ne pas faire attention au ressenti de certains. Il y en a qui ont pu croire qu'il ne comptait que sur ses douze ou treize compagnons qui lui ont permis d'obtenir la qualification pour la Coupe de l'UEFA la saison dernière. Obtenir un résultat, tout le monde en est capable, mais confirmer sur le long terme, c'est plus difficile... Je m'étais déjà posé la question lors de sa reconduction cet été, mais je me voyais mal m'en séparer alors qu'il venait de mener le club à la cinquième place. Aujourd'hui, je regrette simplement de lui avoir laissé trop de pouvoirs. Quand ça marche, c'est bien. Mais quand ça ne marche pas, on fait comment ?»
Propos recueillis par Emery TAISNE